
L'Afrique cumule crises sécuritaires, climatiques, sanitaires et économiques, remettant en cause les cadres logiques figés sur trois à quatre ans. Un débat structuré du sous-groupe thématique 1, AfrEA 2026, a réuni des évaluateurs de huit contextes africains - Sahel, Mali, RDC, Burkina Faso, Cameroun, Tchad, Bassin du Lac Tchad, Côte d'Ivoire - pour interroger le rôle de l'évaluation face à la polycrise.
Quatre témoignages illustrent le propos : résilience agricole au Sahel après une sécheresse ; révision d'indicateurs rigides en Afrique de l'Ouest ; approche MEAL centrée sur l'humain au Mali ; cadre de résultats renégocié dans le Bassin du Lac Tchad. Quatre constats en ressortent : les cadres figés sont dépassés ; l'évaluation utile guide la décision en temps réel, non en fin de parcours ; l'évaluateur doit devenir facilitateur d'apprentissage et partenaire stratégique, non simple contrôleur ; les facteurs humains, culturels et politiques pèsent autant que les facteurs techniques.
Des tensions restent ouvertes : reproductibilité de la flexibilité observée, limites de l'indépendance de l'évaluateur-facilitateur, équilibre entre rigueur et adaptabilité, accessibilité du langage de l'évaluation. L'article détaille ces quatre cas et propose huit recommandations concrètes pour la communauté évaluative africaine, de la révision périodique des cadres de résultats à la simplification du langage pour élargir la participation.